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    October 30

    CinéCrissou : Buddha Collapsed Out Of Shame de Hana Makhmalbaf

     
     

    Les Talibans viennent de détruire les statues de buddha et les villageois des environs observent désormais des trous béants dans les montagnes afghanes. Parmi eux, Bakhtay, petite fille de 6 ans, rêve d'aller à l'école. Après avoir péniblement trouvé de l'argent pour s'acheter un cahier et munie d'un rouge à lèvres en guise de crayon, elle se met en route pour l'école réservée aux filles. En chemin, elle tombe sur des garçons jouant à la guerre et qu'ils veulent la lapider.

    Jeune réalisatrice iranienne âgée de 18 ans, Hana Makhmalbaf n'est autre que la fille de Moshen Makhmalbaf (Kandahar en 2001) et la soeur de Samira Makhmalbaf (un court-métrage dans 11'09'01: September 11 en 2002). Ce drame afghan est son premier film.

    En 2001, les Talibans détruisent les statues monumentales des Buddhas de Bâmiyân, dans l'indignation de l'opinion mondiale. Hana Makhmalbaf part à la rencontre des villageois entourant cet ancien

    merveilleux site, aujourd'hui complètement défiguré. Même si ces colosses de pierre ne sont plus, des populations ont vécu l'imbécilité humaine et le fanatisme religieux et en subissent encore aujourd'hui les conséquences. 

    Petite caméra vidéo à la main, la jeune réalisatrice iranienne propose une image instantanée, prise sur le vif, qui suit le parcours de cette petite fille aussi attachante que persévérante. En évoquant l'éducation et de sa difficulté d'accès en Afghanistan, Buddha Collapsed Out Of Shame traite en deuxième ligne de l'enfance baignée dans un climat permanent de guerre et de conflit.

    Aidé par une petite actrice craquante, ce premier film d'Hana Makhmalbaf démontre, avec efficacité et intelligence, les dégâts de la bêtise humaine et religieuse provoqués sur les enfants. La guerre n'épargne personne mais elle abîme surtout les plus sensibles et les plus faibles. Les buddhas, dans leur chute, ont emporté avec eux l'innocence et l'insouciance de toute une génération d'enfants.  

    Á Retenir : un jeu d'enfant très boueux, des oeufs trop fragiles, un cahier malmené, un rouge à lèvres très demandé et où sont les statues ?
    Note : 8/10


    October 21

    CinéCrissou : Rumba de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy

     
     

    Dom et Fiona enseignent dans la même école. Motivés par leur métier et très amoureux l'un de l'autre, ils sont aussi passionnés de danses latines. Après les cours, ils squattent la salle de gym pour répéter leurs chorégraphies. Un soir, en quittant, une fois de plus, victorieusement un concours local de danse, ils sont victimes d'un grave accident de voiture en évitant un candidat au suicide. Amputée d'une jambe et lui, ayant perdu la mémoire, leurs vies vont basculer.

    Le trio international composé du Belge Dominique Abel, de la Canadienne Fiona Gordon et du Français Bruno Romy ont réalisé L'Iceberg en 2005, largement récompensé sur de nombreux festivals. Le trio est de retour avec leur deuxième réalisation, Rumba.

    Avec cette seconde comédie, les réalisateurs rendent hommage aux comiques du cinéma muet. Sur base d'un scénario des plus simples, les personnages prennent vie dans des décors très visuels, soignés et

    volontairement rétros. Avec légèreté, la vision de Rumba nous emmène dans un voyage à destination d'un cinéma d'une autre époque.

    Cette comédie fonce à contre-courant du cinéma comique d'aujourd'hui. Le scénario basique et les dialogues discrets permettent aux personnages, au trait forcé, de prendre toute leur dimension et de jouer sur le comique de situation, avec petite grimace en bonus. Le ton est léger et délicieusement rétro avec des effets visuels volontairement old school.

    Même si les gags et les rires sont nombreux, Rumba laisse pourtant sur notre faim. Les personnages, pourtant caricaturés, restent hermétiques et impénétrables tandis que l'histoire ne remplit pas un long métrage et donne à l'ensemble un manque de rythme. C'est d'autant plus regrettable que cette comédie a plus d'un atout dans son sac et ose se démarquer du cinéma business d'aujourd'hui !  

    Á Retenir : un suicide laborieux, une voiture-vestiaire, une jambe-allumette, un cours d'anglais mode expert et un vendeur "beignet only".
    Note : 5/10


    October 10

    C'était "Un Soir Autour Du Monde"

     
     

    Samedi dernier, le festival Un Soir Autour Du Monde s'installait, pour la deuxième fois, aux ruines de l'abbaye de Villers-la-Ville.

    Nous ne remercierons jamais assez le ciel qui nous a épargné la pluie pendant toute la journée du festival. La flotte n'a fait son apparition qu'à la toute dernière note du dernier concert... à 3 heures du mat' !

    Sur la scène, Balimurphy a foutu le feu sous le chapiteau tandis que Les Blérots de R.A.V.E.L. et Boeuf ont également eu leur petit succès auprès du 

     

    public. De son côté, doMB a parfaitement rempli son rôle en clôturant avec énergie cette édtion 2008 du festival.

    A 3 heures du mat', les corvées pouvaient débuter. Nous avons commencé à démonter jusque 5h du mat' et j'ai rejoint mon lit à 5h45. Dimanche, 11 heures, comme pour le montage du vendredi, il pleuvait sans arrêts pour le démontage des chapiteaux. Heureusement, nous n'avons pas terminé trop tard et nous avons pu quitter les ruines vers 17h. Je suis rentré à la maison, crevé, dégeulasse et... trempé ! Vivement, l'année prochaine avec un week-end ensoleillé !

    October 08

    CinéCrissou : Le Silence De Lorna de Luc et Jean-Pierre Dardenne

     
     

    Jeune Albanaise, Lorna rêve d'ouvrir un snack avec l'homme de sa vie, Sokol. Pour y arriver, elle accepte de participer à la machination de Fabio, taximan mafieux. A sa demande, elle s'est mariée à Claudy afin d'obtenir la nationalité belge. Au programme, Claudy, jeune camé, doit rapidement mourir d'une overdose pour que Lorna puisse se remarier avec un Russe à la recherche de la nationalité belge. Lorna va-t-elle jouer le jeu tout en gardant le silence ?

    Déjà lauréats de deux Palmes d'Or avec Rosetta en 2003 et L'Enfant en 2005, les frères Dardenne ont remporté cette année le Prix du Scénario de la croisette avec ce nouveau film. Ils ont également réalisé La Promesse en 1996 et Le Fils en 2002.

    Les frères Dardenne poursuivent leur route dans le cinéma social qu'ils affectionnent tant. Pour Le Silence De Lorna, les réalisateurs ont quitté Seraing pour aller tourner dans les rues de Liège. Côté casting,

    ils donnent de nouveau la premier rôle à une parfaite inconnue, Arta Dobroshi, actrice d'origine albanaise, qui a dû apprendre le français pour ce film.

    Dès les premiers instants, nous reconnaissons le style des Dardenne au travers d'une histoire de mariage blanc, que nous prenons en cours de route. Les sujets sociaux caractéristiques du cinéma des Belges sont omniprésents cependant la manière de filmer a changé. La caméra prend ici du recul laissant les personnages respirer dans un environnement moins claustrophobique.

    Le Silence De Lorna marque un tournant dans le cinéma des frères Dardenne où la manière évolue tandis que les constats sociaux restent d'actualité. Ce nouveau drame social est moins hermétique dans la forme et le scénario joue avec brio sur les non-dits pour nous perdre dans la complexité de la situation de Lorna. On regrettera juste un dernier quart d'heure complètement inutile.  

    Á Retenir : un coup de boule sanglant dans le mur, un slow très hot, une carte d'identité fièrement présentée, un compte en banque difficile à ouvrir et une pompe à essence troublante.
    Note : 7/10